Évaluation rapide LTP à Mulongwe : 2 823 ménages affectés par les violences récentes

Mulongwe, Ville d’UviraSud-Kivu, République Démocratique du Congo

Depuis novembre 2025, les violences et incidents sécuritaires enregistrés dans la ville d’Uvira ont profondément bouleversé la vie des communautés locales. Au-delà des destructions visibles, c’est toute la sécurité foncière et résidentielle des ménages qui est aujourd’hui fragilisée.

Dans le cadre du Cluster Protection – Sous-Groupe Logement, Terre et Propriété (LTP), LIGHT ASBL, en partenariat avec MICHE, a conduit une évaluation rapide dans la commune de Mulongwe afin d’analyser l’impact de cette crise sur les droits au logement, à la terre et à la propriété.

Les résultats sont préoccupants : 2 823 ménages sont affectés dans les quartiers de Kibondwe, Kasenga, Rombe II et Mulongwe.


« Nous avons tout laissé derrière nous »

À Rombe II, une mère de famille déplacée témoigne :

« Quand les tirs ont commencé, nous avons fui immédiatement. Notre maison a été pillée. Nous avons perdu nos documents et nos champs. Aujourd’hui, nous dépendons des voisins. Nous ne savons pas comment reconstruire. »

Son histoire est celle de centaines d’autres familles.
Dans plusieurs quartiers évalués :

  • Des maisons ont été partiellement ou totalement détruites

  • Des habitations ont été pillées ou vandalisées

  • Des familles d’accueil sont surchargées

  • Certaines personnes déplacées dorment encore à l’extérieur

  • De nombreux ménages ont perdu leurs documents fonciers

La perte d’un acte foncier ou d’un document parcellaire peut sembler administrative. En réalité, elle peut signifier la perte définitive d’un droit à la terre ou à un logement.


Une crise qui dépasse la destruction matérielle

La problématique Logement, Terre et Propriété (LTP) est souvent invisible dans les premières phases d’une crise. Pourtant, elle est centrale pour la stabilité sociale et la prévention des conflits.

🏚️ Logement

Des habitations endommagées ou surpeuplées exposent les familles à :

  • Des risques accrus de violences basées sur le genre

  • Des conditions sanitaires dégradées

  • Un stress psychosocial important

🌾 Terre

L’accès aux terres agricoles est limité par l’insécurité. Plusieurs champs ont été pillés ou occupés, compromettant les moyens de subsistance et aggravant l’insécurité alimentaire.

📄 Propriété

La perte massive de documents fonciers augmente considérablement le risque de conflits communautaires. Sans mécanismes de médiation et d’assistance juridique, ces tensions pourraient s’installer durablement.


Des risques de protection élevés

L’analyse met en évidence :

  • Un risque élevé de conflits fonciers

  • Une insécurité alimentaire croissante

  • Une vulnérabilité accrue des femmes et des enfants

  • Une exposition plus forte aux abus dans les contextes de surpeuplement

Sans intervention rapide, ces facteurs pourraient compromettre durablement la cohésion communautaire.


Restaurer les droits pour reconstruire l’avenir

Face à cette situation, LIGHT ASBL recommande une réponse intégrée comprenant :

À court terme :

  • Distribution d’abris d’urgence et de kits ménagers essentiels

  • Mise en place de cliniques juridiques mobiles pour la reconstitution des documents

  • Assistance alimentaire ciblée

À moyen terme :

  • Programmes de sécurisation foncière

  • Renforcement des mécanismes communautaires de médiation

  • Réhabilitation des habitations endommagées

  • Soutien aux moyens de subsistance agricoles

Protéger le droit au logement et à la terre, c’est prévenir les conflits futurs, restaurer la dignité des familles et renforcer leur résilience.


Un appel à la solidarité

La situation à Mulongwe reflète les défis structurels auxquels font face de nombreuses communautés affectées par les crises en République Démocratique du Congo.

LIGHT ASBL appelle les partenaires humanitaires, les bailleurs et les acteurs de protection à soutenir une réponse coordonnée et durable.

Car derrière chaque maison détruite se trouve une famille qui cherche à reconstruire sa vie.


Œuvrer pour un monde meilleur, c’est défendre les droits fondamentaux même dans les contextes les plus fragiles.